Il se frotta les mains
Il avait des grosses mains, de celles qui donnent l’impression d’avoir construit le monde
Des mains pourtant devenues douce, depuis qu’il avait arrêter de travailler
Par la force des choses
Il essaya d’ouvrir le placard, mais faiblement, doucement il tendit la main, elles tremblaient
Il pensa qu’il devrait faire plus doucement encore, pour être encore plus précis, pour ajuster son geste
Le placard ouvert il regarda tous ce petit monde à l’intérieur, des verres, des tasses, tous ébahis la bouche grande ouverte, ils le regardait lui, et avait l’air de dire : « mais qu’est ce que t’attend ?
Tu prend qui aujourd’hui ?
Interloqué et ne se souvenant plus de ce qu’il voulait il referma la porte, elle claqua, taquine
Il se frotta les mains, doucement, et alla péniblement s’asseoir
Il mettait de plus en plus de temps à s’asseoir, et faisait couiner ce lourd et vieux fauteuil en cuir qui adorait cela avec autant de conviction que s’il était neuf.
Il ne se laissait plus tomber comme avant, plus maintenant. De peur de tout casser
Par la force des choses
Il regarda par la fenêtre, et aperçue une partie de son jardin, les arbres dansait sous un ciel bleu, en chantant : « viens, viens encore jouer avec nous ». La pelouse presque défraîchi courait dans le vent, des oiseaux vinrent virevolté et sautiller en faisant rigoler les dernières fleurs, tous semblais réclamer la présence de leur jardinier, mais il n’en avait plus le courage, plus la force
Par la force des choses
Il se frotta encore les mains, il aimait faire cela, c’était son petit plaisir
Lui qui avait tant demander à ses mains, lui qui avait fait tant de choses avec, il pensait qu’elle méritait bien toutes ses attentions et toutes ses caresses
C’était surtout qu’il ne faisait plus rien avec, et que cela lui manquait, elles partaient comme le reste de son corps qui s’endormait petit à petit. Il se s’entait partir, à l’instar de ses mains qui subtilement perdaient de leurs sensibilités, lui ressentait un profond détachement, profond et grandissant.
Par la force des choses
Il écouta le calme de sa maison, il l’avait choisi pour cela, il se souvint de toutes ses choses qu’il avait vécues ici, là, et ici aussi
Il sourit, il était bien, là, « un moment de gloire », c’est comme cela qu’il appelait les instants de sérénité et de bonheur que la vie lui donnait
Il tourna la tête et regarda une photo de famille sur un vieux très vieux buffet, sa plus grande réussite, l’expression l’avait toujours amusé, comme si il l’avait fabriqué lui même, de ses propres mains, tel un Dieu, c’était tout de même une très belle famille
Il aimait sa famille, il aimait les gens, il aimait sa vie, mais il aimait aussi les objets, les choses. Et il avait appris à aimer cela par la force des choses justement. Tout n’a pas été facile
Les choses possède une force incroyable dont il s’était inspiré toute sa vie, réussissant le tour de force d’en faire une philosophie, qui l’avait conduit jusqu’ici aujourd’hui
Et c’est ainsi que, par la force des choses, puisqu’il en est ainsi, son corps c’est tout bonnement arrêté de vivre. Les yeux ouverts, un sourire de plénitude, il c’est laissé détaché avec la délicatesse des choses que l’on maîtrise, avec force et beauté.
Déchargé, dégagé de toutes contraintes il s’en est allé, entouré d’une force magnifique : la force des choses…
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